|
Article de Stéphane Frachet paru dans Les Echos n° 19912 du 04 mai 2007- Entreprises et régions
Le petit constructeur de l'Indre, RBH Industrie, va se fournir auprès du numéro un mondial de l'automobile pour motoriser ses véhicules destinés à l'Afrique. Ils seront adaptés dès le mois de septembre.
Spécialiste des camions tout-terrain, RBH Industrie vient de conclure un partenariat avec Toyota, qui va lui fournir une soixantaine de moteurs de 4×4 conçus pour son Land Cruiser. Ils seront adaptés dès septembre sur les châssis de ce petit constructeur de l'Indre. Le contrat, qui devrait porter sur une centaine d'unités par an à court terme, est une goutte d'eau pour le géant mondial de l'automobile, qui vend quelques 9 millions de ces moteurs de 135 ch par an.« Pour nous, c'est un superbe argument commercial sur nos marchés où Toyota représente le haut de gamme », s'enthousiasme Jean-Pierre Rolland, le PDG de cette PME de 7 salariés installés à Thenay (Indre). RBH, qui rénove d'anciens véhicules utilitaires de l'armée pour la Défense Nationale mais aussi pour des collectivités ou des entreprises, développe son projet de tout-terrain, Rolland Trucks 4x4, depuis plusieurs années. « Nous concevons un matériel robuste, apte à encaisser des terrains difficiles et des carburants parfois souillés », résume le dirigeant. L'entreprise a déposé un brevet pour le châssis et les moteurs japonais seront dépourvus d'électronique. Ce petit camion tout-terrain, proposé en trois longueurs, de 2,9 m à 4,10 m, ne concurrence pas vraiment les véhicules du japonais, plus chers et plus équipés, qui se positionnent sur une gamme plus élevée.La concrétisation d'un rêve Grâce à l'entremise de Mitsui, qui distribue les pièces et composants du désormais numéro un mondial de l'automobile, la firme berrichonne concrétise le rêve un peu fou de son fondateur, Jean-Pierre Rolland, soixante-trois ans, ancien pilote de rallye et acquéreur d'un millier de véhicules réformés de l'armée française au début des années 1980. «Toyota a été séduit par la démarche, qui consiste à réhabiliter d'anciens camions, plutôt que d'envoyer en Afrique des engins qui vont encombrer leurs décharges parce qu'ils ne pourront pas être réparés », explique l'intéressé, qui attend à court terme 4 millions d'euros de chiffre d'affaires supplémentaires de son nouveau véhicule, soit un quasi-doublement de ses ventes, qui tournent actuellement autour de 5 millions. La société détient, par ailleurs, des contrats de maintenance pour la Défense Nationale.La montée en puissance de la production du nouveau tout-terrain est attendue dès septembre, avec la première livraison des moteurs japonais. Une vingtaine de salariés vont intégrer l'unité de production avant la fin de l'année. |